Le cas qui pourrit la facturation au forfait
Vous avez une mission "10 jours/mois à 600€/jour = 6 000€ HT". Le client préfère une facture mensuelle stable, c'est dans le contrat.
Mois 1 : vous bossez 10 jours pile. Vous facturez 6 000€. Tout va bien.
Mois 2 : vous bossez 15 jours (urgence projet). Vous facturez quoi ?
- Si vous facturez 6 000€ : vous offrez 5 jours au client. Pas top.
- Si vous facturez 9 000€ : vous cassez l'engagement de stabilité du forfait. Le client peut grincer.
Mois 3 : vous bossez 7 jours (creux post-urgence). Vous facturez quoi ?
- Si vous facturez 6 000€ : vous facturez 3 jours en trop.
- Si vous facturez 4 200€ : vous cassez de nouveau le forfait.
Sans outil, le freelance gère ça "à la main" dans Excel. Souvent il oublie les 5 jours du mois 2 ou les compense mal au mois 3.
La solution propre : le carryover via MissionDay → Invoice link
Chaque jour travaillé (MissionDay) peut être lié à une facture émise via le champ invoiceId. Ou rester non-lié (= en attente de facturation).
Workflow réel :
Mois 2 :
- Vous bossez 15 jours, vous saisissez les 15 dans le calendrier
- Vous émettez la facture forfaitaire à 6 000€
- Vous liez seulement 10 jours à cette facture (
invoiceId = #2026-014) - Les 5 jours restants gardent
invoiceId = null→ en attente
Mois 3 :
- Vous bossez 7 jours, vous saisissez les 7
- Vous émettez la facture forfaitaire à 6 000€
- Vous liez les 7 jours du mois + 3 des 5 jours en attente du mois 2 (total 10 jours sur la facture)
- Il reste 2 jours en attente
Mois 4 :
- Vous bossez 11 jours
- Facture forfaitaire à 6 000€
- Vous liez 10 jours dont les 2 derniers en attente. Plus de carryover, sauf si vous décidez de garder le 11e.
Bilan : aucun jour perdu, le forfait est respecté, la facturation est honnête.
Le moment où ça compte vraiment
Fin d'année. Votre comptable demande "combien de jours as-tu vraiment travaillé en 2026 ?". Vous regardez le calendrier : 138 jours. "Et combien tu as facturé ?". 12 × 10 jours forfaitaires = 120 jours.
18 jours d'écart. Sans le carryover, ces 18 jours sont une zone grise comptable :
- Soit ils sont "offerts" au client (= manque à gagner non documenté)
- Soit ils sont "reportés à l'année prochaine" mais sans trace
Avec le carryover :
- 18 jours en
invoiceId = nullau 31 décembre = file d'attente à reporter sur 2027 - Soit vous les liquidez en facturant un complément en décembre
- Soit vous les passez sur 2027 (à intégrer dans les premières factures)
Tout est tracé. Tout est négociable avec le client. Tout est documenté.
Le pendant : pas de surfacturation invisible
Le mécanisme marche dans l'autre sens. Si vous facturez 10 jours mais que vous en avez fait que 7, l'app vous le signale :
⚠ Facture #2026-014 (10 jours) — vous avez seulement 7 MissionDay sur cette période. Surfacturation possible.
Vous corrigez avant d'envoyer. Ou vous validez avec une note "3 jours d'avance sur le quota — à compenser le mois prochain".
C'est protecteur des deux côtés : ni vous ni votre client n'êtes lésés.
Le détail technique : tolerance de période
Le moteur permet de lier un MissionDay à une facture même si la facture couvre une période différente. Exemple : facture de mai peut inclure des MissionDay d'avril (reportés). C'est ça le vrai carryover.
Sans ce mécanisme, vous seriez forcé à un mapping strict "facture du mois X = jours du mois X uniquement", ce qui rend le lissage impossible.
Pourquoi ça compte au-delà du forfait
Le mécanisme MissionDay/Invoice s'applique aussi aux missions au jour le jour :
- Vous bossez 12 jours en novembre chez Acme à 700€/jour
- Vous émettez la facture en début décembre (= 8 400€)
- Mais Acme paye à 60 jours = encaissement fin janvier
- En treasury cash basis, votre revenu apparait en janvier, pas novembre
Sans le link MissionDay → Invoice → expected payment date, le moteur ne sait pas faire ce mapping. Avec, il sait : novembre est en "WIP travaillé non encaissé", la facture est en "émise non encaissée", janvier est en "encaissé".
C'est le niveau de granularité qui permet une projection treasury honnête.
Le piège classique sans outil
Beaucoup de freelances "approximent" leur facturation : "ce mois j'ai bossé environ 12 jours, je facture 12". Ils ne saisissent pas chaque jour, ils n'ont pas de calendrier exhaustif. Conséquences :
- Pas de carryover : 2-3 jours perdus par mois
- Pas de défense en cas de litige client ("pourquoi tu me factures 12 ? Je pensais qu'on était à 10.")
- Pas de stats activité fiables (taux d'occupation, marge, etc.)
Le suivi à la source (chaque jour saisi) débloque tous les autres mécanismes downstream.
Le moment où ça devient évident
Mois 3 typique. Vous regardez votre calendrier rempli, vous voyez votre dashboard montrer "18 jours en attente de facturation, 12 jours liés à factures émises, 4 jours offerts (acceptés)". Tout est tracé.
Vous savez exactement combien vous avez travaillé, combien vous avez facturé, et combien il reste à facturer.
Vous ne reviendrez plus jamais au mode "à peu près".