Pourquoi 12 mois et pas 3

Trois mois, c'est votre vue mensuelle. C'est la vue Excel. Ça vous dit ce qui sort le mois prochain.

Douze mois, c'est votre vue stratégique. C'est celle qui vous dit :

  • Quand est-ce que je vais devoir prospecter à fond ? (3-4 mois avant que la mission actuelle se termine, pas le mois où elle s'arrête)
  • Est-ce que je peux me payer une formation à 3 000 € en septembre ? (la projection vous montre l'impact réel sur votre runway)
  • Si je prends 4 semaines de congés en août, est-ce que ça passe ?
  • À quel mois est-ce que la TVA semestrielle va me dégommer ?

Sans cette vue, vous êtes en pilotage à vue. Avec elle, vous prenez vos décisions 6 mois à l'avance.

Les 5 entrées-clés d'une projection qui tient

  1. Vos missions confirmées — TJM × jours facturables × probabilité de paiement
  2. Vos dépenses récurrentes — abonnements, location, outils SaaS
  3. Vos dépenses one-shot prévues — équipement, formation, déplacements
  4. Vos charges sociales — calendrier réel URSSAF/CIPAV avec les bons mois (janvier, avril, juillet, octobre pour la quote-part trimestrielle)
  5. Votre TVA collectée vs déductible — selon le régime, c'est tous les mois ou tous les 3 mois

Le piège qui fait sauter 80 % des projections Excel

Les freelances qui projettent dans Excel se font tous avoir au même endroit : ils oublient le décalage entre la facturation et l'encaissement.

Vous facturez 5 400 € en juin. Votre client paye à 45 jours. Donc le cash arrive fin juillet, voire août. Et pendant ce temps, vous avez quand même payé OVH, l'expert-comptable, et votre URSSAF.

Dans une bonne projection, le revenu apparaît au moment de l'encaissement projeté, pas de la facturation. Et idéalement avec une marge de sécurité (10 % de paiements en retard, c'est réaliste).

Réel vs projeté : la vue qui change tout

Une fois que votre mois est passé, vous ne voulez plus voir les chiffres projetés — vous voulez voir ce qui s'est réellement passé. C'est cette dualité réel vs projeté qui transforme une projection en outil de pilotage :

  • Mois passés : uniquement les vrais flux (factures payées, dépenses sorties, charges réglées)
  • Mois courant : un mix réel + projection pour le reste du mois
  • Mois futurs : projection complète

Cette asymétrie est essentielle. Sans elle, votre "trésorerie réelle" est polluée par des hypothèses qui ne se sont jamais matérialisées.

Quand l'automatiser

À partir du moment où vous avez :

  • 2+ missions en parallèle
  • 1+ déclaration TVA par an
  • 3+ dépenses récurrentes
  • 1+ congé planifié

… maintenir ça dans Excel devient une vraie charge mentale. Et chaque ajustement (mission qui glisse d'un mois, dépense imprévue) demande de refaire 12 cellules.

C'est exactement à ce moment-là que vous gagnez à passer sur un outil dédié.